Projet 2013

Géographie du corps

« Un corps à géographies variables »

Le corps peut-il être un objet géographique ?

Projet qui se construit simultanément ou en décalé sur 2 orientations parallèles et complémentaires :

1 - Le corps paysage
Un corps fait de terre, d’eau, de volontés et de craintes. Un paysage est constitué de terre, d’eau, de ciel et de vivant. En partant de ces données, j’inscris le corps dans un paysage et fais dialoguer les éléments constitutifs de l’un et de l’autre. Pour cela, je crée un habitat au sein même du paysage pour placer le corps, afin qu’il y trouve un espace propice à la danse. Je creuse une mare pour l’eau, un lit pour la boue, un nid pour la poussière. Le corps s’identifie à la matière qu’il traverse. Il devient lui même terre malléable et façonnable à l’infini.On signifie ainsi le déploiement du corps dans le paysage. Dans une danse prenant son inspiration dans l’ostinato, il jaillit de lui-même tout en puisant son énergie dans la matière. Le corps doit transformer, aménager le paysage pour y habiter. En l’occupant, il le redéfinit à sa dimension et met en évidence son activité. Le corps devient alors passage entre l’homme et la nature entre immobilité et vivant, entre la nature et le construit.

/Étape de création juillet 2010, voir vidéo ci-droite/

2 - Le corps ville
Michelet parlait d’une ville comme d’une personne, avec un corps et une âme , et la pensée moderne urbaine s’est souvent inspirée de cette métaphore pour comprendre l’invention urbaine, la rendre plus accessible et plus humaine. Nous retrouvons dans cette métaphore des mots comme cœur, poumon, artère, centre. Ces éléments constitutifs du corps humains seront à la base du mouvement dansé. Poser un regard chorégraphique sur la ville revient à faire dialoguer le corps dansant avec sa cartographie, ses espaces, ses intimités. La danse se placerait à la frontière entre la fragile structure du corps et la géographie du lieu. La danse devient lien, interphase, jonction entre le sensible et le construit, entre l’évidence et le supposé. Le corps se heurte au rugueux, à la coupure, la danse expose la sensualité, le toucher, l’envie de rencontrer.

Pour reprendre un écrit au sujet d’un travail de Sylvia Rhud, peintre sculpteur « Là se mélangent la sérénité d’un matériau plein, puissant, structurant et le mystère d’un mouvement, d’un équilibre léger et fragile. »

En quoi la ville est-elle corps et ressemble-t-elle ainsi à ses habitants ? En quoi ce corps peut-il aussi s’opposer au leur et les menacer ?

Photos

Videos

chorégraphie Geneviève MAZIN danseurs Magdalena BAHAMONDES, Séverine BENNEVAULT, Frédérique BEORLEGUI, Mathias DOU, Geneviève MAZIN
photos et vidéo José Miguel CARMONA